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[Obligation vaccinale] Sentinelles Guadeloupe demande au Président de la Région Guadeloupe de soutenir financièrement les soignants suspendus

Dans une lettre datée du dimanche 23 janvier 2022, Sentinelles Guadeloupe interpelle le Président de la Région Guadeloupe Ary Chalus et lui demande de poser des « actes concrets » en faveur des soignants suspendus. « Sentinelles Guadeloupe souhaite que vous joigniez des actes aux paroles en faisant voter par la collectivité régionale, la mobilisation d’une subvention exceptionnelle en soutien à ces soignants suspendus et interdits d’exercer, privés de revenus depuis près de quatre mois. Par ailleurs, il nous semble, que le contrat de gouvernance que vous avez établi avec le Conseil Départemental décuple votre champ de possibilités d’interventions, ce qui vous permet de mener une action sociale concertée avec votre homologue Président du Conseil Départemental, Guy LOSBAR. Nous vous appelons donc, Monsieur Le Président, à intervenir en soutien à ces professionnels de santé, comme vous avez su si bien le faire pour les secteurs de l’événementiel et de la restauration qui étaient en grande difficulté suite à l’application des mesures de gestion de la crise sanitaire Covid en Guadeloupe ». Sentinelles Guadeloupe revient au début sur le fait qu’Ary Chalus a eu à interpeller plus d’une fois Emmanuel Macron. Le président du Département est en copie de cette lettre.

10 minutes top chrono d’échange Région Guadeloupe/Etat

Ary Chalus était l’invité du journal télévisé de Guadeloupe la 1ère de 19h30, jeudi 27 janvier 2022. C’est un élu insatifait à l’issue de cette réunion avec son « très cher ami ». « Ce n’est pas cette réunion que nous attendions parce que nous avions depuis le mois de juillet, à plusieurs reprises, en octobre et en novembre, demander au président une réunion concernant les problèmes que nous recontrons en Guadeloupe et en Martinique. Au début c’était Guadeloupe/Martinique. Ensuite, nous avons demandé une réunion pour les Guadeloupéens, les élus Guadeloupéens. Nous avons beaucoup travaillé ensemble pour pouvoir répondre aux attentes du Collectif et aussi de la population guadeloupéenne. Et comme par hasard, nous avons vu une réunion ce soir avec les sept départements et collectivités d’outre-mer qui ont actuellement le problème sanitaire. Je ne suis pas trop satisfait de cette réunion. Je le dis franchement. […]. Sur les soignants, le président Losbar a fait comprendre vraiment les difficultés que nous avons depuis l’incendie au CHU, le manque de soignants que nous avons, surtout des médecins, des services qui sont fermés avec des pathologies pour soigner les Guadeloupéens, et qu’aujourd’hui avec cette suspension de soignants, nous risquons de ne pas pouvoir offrir un soin convenable à tous les Guadeloupéens », a t-il dit.

Les élus de Guadeloupe se sont exprimés sur la suspension des soignants et l’application du pass vaccinal en Guadeloupe. « Nous avons fait comprendre au président que pour l’instant, pas question de parler de pass vaccinal en Guadeloupe. Il y a des mesures, des taux à vérifier, il y a des choses à voir. On n’a pas beaucoup d’attractivité en Guadeloupe, il faut attendre. Concernant le personnel qui est suspendu, je l’ai dit que moi effectivement je suis personnellement contre la privation de salaire de pères et de mères de famille et je l’ai dit ce matin devant tout l’outre-mer. Il n’y a pas un minimum vital pour ces personnes, je l’ai déjà signalé à quatre reprises depuis le début du mois de novembre, que ces gens ont des jeunes qui font des études dans l’Hexagone, qui ont des loyers à payer et aussi à l’étranger. Je leur ai même dit que nous sommes quand même des êtres humains. La réponse a été que c’est appliqué en Métropole pour les soignants qui sont suspendus et que c’est seulement en Guadeloupe, en Martinique et en Guyane qu’il y a une cellule qui permet aux gens de trouver des solutions et même aussi de répondre à 3 ans de salaire s’ils sont d’accord à mettre en place une rupture conventionnelle. Donc, c’est à nous de pouvoir continuer à réfléchir et nous avons même demandé à ce qu’on puisse prolonger cette cellule d’écoute comme l’a dit Madame Jasmin. […] Je l’ai encore dit ce matin, le personnel soignant, que ce soit ici ou dans l’Hexagone, ils n’ont rien demandé. Une loi est sortie, après 30-40 ans de service, subitement ils sont suspendus, et en plus quand vous êtes supendus, vous n’avez pas d’allocation chômage, vous n’avez aucun revenu. J’ai demandé au président en tant qu’être humain de réfléchir à cela, parce qu’on ne peut pas continuer comme cela. Car c’est nous en Guadeloupe qui sommes décriés, c’est nous qui sommes pris à partie et pourtant, nous n’avons aucun pouvoir à ce niveau-là. Nous continuerons à bousculer les choses. On ne sait jamais. Peut-être que demain Sanofi trouvera le bon vaccin. On ne sait pas. Nous quand même, nous avons fait valoir notre rôle d’élus. Il nous a entendu, peut-être il nous a écouté, peut-être pas vraiment entendu. Mais on a fait notre travail, on a fait ce qu’on avait à faire. On continuera à le faire dans l’intérêt des Guadeloupéens », a expliqué Ary Chalus.

En effet, les élus Guadeloupéens se sont exprimés pendant une dizaine de minutes, au même titre que les 6 autres territoires. Le président de la République a échangé par visioconférence, jeudi 27 janvier 2022, entre 10h30 et 13h00 (heures de Guadeloupe), avec les élus de plusieurs départements et collectivités d’Outre-mer : la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, Saint Martin, Saint Barthélémy, la Réunion et Mayotte.

Les présidents de la Région et du Département, Ary Chalus et Guy Losbar, les sénateurs Victoire JasminVictorin Lurel et Dominique Théophile, ainsi que les députés Justine Benin, Hélène Vainqueur-Christophe, Olivier Serva et Max Mathiasin étaient soit réunis dans les locaux de la préfecture de Basse-Terre, soit suivaient la réunion depuis Paris. Le préfet, Alexandre Rochatte et la directrice de l’Agence régional de santé, Valérie Denux étaient aussi présents à Basse-Terre. A Paris, le président de la République, Emmanuel Macron était entouré des ministres des Outre-mer et de la Santé, Sébastien Lecornu et Olivier Véran. Une réunion à huis clos.

Donc en dix minutes top chrono, les élus de Guadeloupe ont pu abordé la vie chère, la santé, les bas salaires, le chômage, les difficultés d’insertion des jeunes et la problématique des soignants suspendus à cause de l’obligation vaccinale. Le élus de Guadeloupe ont parlé moins de temps accordé pour une présentation de mémoire et/ou de thèse (soit 20 à 30 minutes). Pourquoi les nègres de maison et une partie des « nègres à talent » tiennent beaucoup à prolonger la cellule d’écoute ? Pourquoi ils n’utilisent pas les fonds exceptionnels pour aider les soignants suspendus ? Ces mêmes élus n’ont pas voulu négocier avec le collectif des organisations en lutte le mardi 14 décembre 2021. Ces mêmes élus estiment que le chef de l’Etat ne les a peut-être pas vraiment entendu ce jeudi 27 janvier 2022. Ils se sont plaints de la configuration de la réunion, sur la forme et le fond. Ce sont ces mêmes élus qui proposent de continuer la cellule d’écoute pour les soignants suspendus. Dans la langue maternelle des Guadéloupéens, appelée le créole, on dit « fout yo ochan ». C’est de « l’ochanterie ». C’est faire du zèle. En fait, ils sont plus royalistes que le roi. De leur côté, le collectif des organisations en lutte ont manifesté au Gosier ce samedi 29 janvier 2022, et les résistants maintiennent leur position contre l’obligation vaccinale et le pass vaccinal même si Emmanuel Macron a annoncé que les territoires ultramarins « seront les premiers à recevoir le vaccin Novavax » (sans ARN messager).

Le chef de l’Etat échangera avec chaque territoire d’ici quatre à six semaines.

Sentinelles Guadeloupe Lettre au président de la Région Guadeloupe

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Salaura DIDON

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