Grand Débat National. Les interventions des élus de Guadeloupe

Ce vendredi 1er février, ils étaient présents dans la salle des fêtes rénovée de l’Elysée. Le Grand Débat National sur le volet Outre-mer a duré plus de sept heures de temps. C’est un record. En préambule, le ministre des Outre-mer Annick Girardin joue à la médiatrice, fixe le principe et la règle des échanges, entre le Président de la République Emmanuel Macron et les élus des Outre-mer.

Synthèse des interventions et discussions

Pour le chef de l’Etat français, ce grand débat est l’occasion « de se dire les choses en vérité sur tout ce qui fonctionne, dysfonctionne et que nous devons appréhender » car « la réalité utltramarine de notre pays fait partie pleinement de ce débat ».

« Dites les choses de manière directe, et apportez votre part de vérité », a demandé le Président aux élus des Outre-mer.

Chiche… Ils ont parlé de chlordécone, des sargasses, de l’environnement, de la fiscalité, de la vie chère, de la formation professionnelle, de l’emploi, du logement, etc.


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Joel Beaugendre, le maire de Capesterre-Belle-Eau, médecin de campagne affirme que« nombreux Guadeloupéens et Martiniquais sont malades de la chlordécone et meurent quotidiennement ». Il dit que la population doute de la potabilité de l’eau qui coule de leur robinet, même celle qui est produite par les entreprises d’eau minérale, et elle se détourne de la consommation des fruits et des légumes du territoire. Il demande au Président de s’engager dans la reconnaissance de la prise en charge de la maladie de la chlordécone.

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Victorin Lurel, sénateur de Guadeloupe, ancien président de la Région Guadeloupe désapprouve les propos du président qui dit que le chlordécone n’est pas cancérigène. Pour l’élu guadeloupéen, le chlordécone est bien cancérigène, et « n’a pas vu d’études scientifiques publiées dans une revue scientifique invalidant ce que le professeur Blanchet nous a servi pendant de longues années ».

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Guy Losbar, maire de Petit-Bourga abordé la question des sargasses. Ces algues brunes aux émanations toxiques sont un véritable fléau aux Antilles-Guyane, ont des conséquences financières pour les foyers et les PME, et c’est une menace pour le tourisme. « C’est un risque sanitaire évident, incontestable, un risque inquiétant car mal connu. Les autorités de santé doivent diligenter d’urgence les enquêtes nécessaires pour une évolution du risque en cours ». Il demande la prise en compte de ces préjudices par les compagnies d’assurance pour indemniser les entreprises exposées aux gaz qui subissent de lourde perte en équipement. Cette proposition exige une implication de tous les partenaires, et la réponse à cette question de sécurité publique doit être nationale. « Réaliser les études sanitaires nécessaires à l’information de la population, permettre d’assurer le risque de sargasses, ajuster la prise en charge de l’Etat à l’intensité du risque, telles sont les attentes prioritaires des Guadeloupéens », conclut-t-il.

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Marlène Miraculeux Bourgeois, maire de Capesterre de Marie-Galante, précise au Président que « ramasser les sargasses en 48h, c’est inopérant, ce n’est pas possible ». Elle l’invite donc à venir voir le volume de sargasses ramassés par jour. C’est plus d’un million de dépenses de ramassage, la commune paie la TVA, qui représente plus de 80 000 euros payés sur les fonds propres de la mairie, et qui n’est pas remboursée. Elle demande à Emmanuel Macron de les considérer et de les accompagner face à une telle catastrophe naturelle, comme il le fait avec les élus et citoyens de la France hexagonale. Pour elle, les sargasses sont « un cauchemar, un cancer », ce qui lui vaut le surnom de « madame Sargasse ».

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Maryse Etzol, maire de Grande-Bourg de Marie-Galante et présidente de la Communauté des communes de Marie-Galante, remercie qu’on lui accorde la parole puisque son intervention n’était pas prévue. Cette île, surnommée la Grande Galette « souffre économiquement et structurellement des conséquences de la double insularité, c’est un thème qui n’a pas été abordé ici et c’est pour cela que je tenais à intervenir. Le territoire se paupérise, décline démographiquement, perd de son attractivité touristique et économique ». Elle demande des capacités techniques, financières, l’ingénierie pour accompagner le changement. Elle propose « de redonner les moyens aux territoires doublement insulaires de répondre aux enjeux et aux obligations légales ». Elle demande donc l’instauration d’un dispositif de bonification de la Dotation globale de fonctionnement pour les communes et territoires doublement insulaires, la suppression temporaire de la TVA, la création de la zone franche insulaire pour les territoires doublement insulaires, ou la zone de revitalisation pour rendre compétitif les entreprises installées dans ces îles. En matière de continuité territoriale, elle suggère d’étendre l’obligation de service public pour le trafic aérien pour les îles du sud au transport maritime pour les passagers et pour le fret, de remettre en oeuvre la défiscalisation solidaire et sociale, un dispositif qui profitait aux plus défavorisés (3000 euros accordés quelque soit le montant des travaux).

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Marie-Luce Penchard, maire de Basse-Terre, ancienne ministre des Outre-mer de Nicolas Sarkozy rappelle: « On retrouve toujours les mêmes problèmes. La question du pouvoir d’achat, la question du logement, la question de la santé, de la sécurité, l’immigration à des degrés divers ». Malgré la mise en oeuvre des dispositifs Etats généraux de l’Outre-mer, Loi égalité réelle, Assises des Outre-mer, elle constate que « ça ne fonctionne plus » quand il y a une crise avec les mêmes problèmes. Elle demande au président de mettre en place le droit à la différenciation, des lois adaptées au territoire, pour remplacer la décentralisation.

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Jocelyn Sapotille, maire de Lamentin et président de la communauté des communes du nord Basse-Terre estime que « toutes les conditions sont réunies pour que demain nos territoires deviennent des territoires explosifs ». Il s’exprime en ce sens sur les écrits du président en matière de sur-réglementation étant une entrave au développement; et à l’affichage de la richesse sur Internet qui pourrait entraîner la révolte chez les pauvres.

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Ferdy Louisy, maire de Goyave, s’est exprimé sur la biodiversité, l’environnement et la fiscalité, et il demande la mise en place d’un chèque fiscal écologique en Outre-mer, qui « tiendrait compte des actions réalisées par nos administrés qui adopteraient des comportements éco-citoyens et viendraient en déduction de leurs impôts locaux ». Il cible ceux qui participent à la préservation de l’environnement afin de leur redonner du pouvoir d’achat à travers la baisse de la fiscalité. Objectif: concilier écologie et pouvoir d’achat.

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Claudine Bajazet, maire de Sainte Rose s’est adressée au Président sur la mise en place des ordonnances sur la formation professionnelle, le logement social pour les seniors ayant un faible revenu, l’accompagnement des agriculteurs qui font face à des difficultés sociales.

D’autres élus ont parlé:

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Sur la question du logement, Gabrielle Louis-Carabin, maire du Moule est intervenue sur les thèmes du logement social, de l’habitat insalubre, du dispositif de l’allocation personnalisée au logement (APL) pour l’accession sociale à la propriété qui permettait d’être relogé et d’améliorer l’habitat notamment des personnes âgées. « Après cette suppression, quelles sont les solutions de substitution que vous allez donner aux ultramarins qui ont des zones de résorption de l’habitat insalubre et où les programmes sont en panne et nous ne savons que faire »? Elle précise que l’accession à la propriété pour les plus modestes est un enjeu majeur.

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Sur la question de l’emploi, Jean-Claude Pioche, maire de la Désirade et président des maires de Guadeloupe, demande la création d’une cellule interministérielle avec des moyens alloués.

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Sur l’action sociale, Josette Borel-Lincertin, présidente du Département de la Guadeloupe explique que « l’insuffisance de moyens financiers ne permet pas de faire face à la progression très dynamique des allocations individuelles de solidarité comme le RSA, insuffisamment compensées par l’Etat ». Elle demande soit de recentraliser le versement de cette prestation sociale comme à Mayotte et en Guyane, soit de prévoir l’affectation d’une nouvelle ressource, sans créer une nouvelle taxe, en récupérant une fraction des recettes des produits des jeux de hasard collectés.

La sénatrice (PS) Victoire Jasmin et le député (Modem) Max Mathiasinétaient aussi présents à l’Elysée.

Les réponses du Président


Portrait officiel de
Emmanuel Macron (Elysee.fr)

Le Président s’engage à aller vers le zéro chlordécone dans l’alimentation en adaptant « une politique de transparence, d’investissement, d’innovation ». La question des sargasses a suscité des incompréhensions car selon Emmanuel Macron, c’est l’intercommunalité qui doit se charger de ce problème. De plus, il retient la proposition du maire de Goyave pour la création d’ un chèque fiscal écologique.

S’agissant de la vie chère, le chef de l’Etat a mis en cause les sur-rémunérations des fonctionnaires et les situations de monopoles. « La vie chère est entretenue par le fait qu’il y a une dualité des rémunérations en Outre-mer », a-t-il souligné. Il explique qu’il y a « les filières monopolistique ou oligopolistique »dans les Outre-mer, qui vendent par exemple une même voiture beaucoup plus chère qu’en métropole.

Par ailleurs, le Président propose la solution de développer des filières locales sur le plan alimentaire et énergétique, de l’activité économique et du salaire pour mieux vivre et baisser les prix, au lieu de compenser les prix avec l’argent public.

En matière de transport aérien, il soulève une amélioration dans la mobilité entre la Guyane et les Antilles, les prix ont baissé grâce à la concurrence. Il revient cependant sur le prix des billets d’avion transatlantique toujours très cher pour les ultramarins.

Sur les relations entre l’Etat et les Outre-mer, il est très favorable au droit à la différenciation et « on doit constitutionnaliser cette notion de différenciation particulièrement pour les Outre-mer ».

Emmanuel Macron rappelle que les situations et conditions de vie (chômage, pouvoir d’achat) sont plus difficiles dans les Outre-mer, et conclut avec ces mots: « on doit agir, voir des résultats et évaluer ces résultats (..) je crois vraiment cette philosophie, il n’y a pas de fatalité ».

Depuis le début de son mandat, le chef de l’Etat est déjà allé en Guadeloupe, en Martinique, à Saint-Martin et Saint-Barthélémy, en Guyane, en Nouvelle-Calédonie. Il devrait se rendre en juin à Mayotte et à la Réunion.

Source image d’entête: affiche téléchargée sur le site Internet de RCI Guadeloupe.

St@y connected!

Salaura DIDON

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