Photo-reportage : « Zoos humains. L’invention du sauvage ».

Pointe-à-Pitre- « Zoos humains. L’invention du sauvage » est une exposition temporaire au Mémorial ACTe. Quatre cents documents et objets sont présentés aux visiteurs jusqu’à ce dimanche 30 décembre 2018. Laissez-vous guider!

Une histoire pas à pas

Vingt-cinq pas au sol guident le visiteur de l’exposition. Ce sont vingt-cinq blocs et/ ou textes en français, en anglais et en créole, qui présentent l’histoire des zoos humains. Des être humains sont arrachés à leurs terres natales et exhibés dans de véritables zoos humains, des cirques, des villages indigènes, lors des Expositions universelles ou coloniales en Europe et dans le monde entier. (voir mon article du 25 décembre 2018: « Sauvages. Au cœur des zoos humains » : un film à voir !). Il existe deux cents principales exhibitions ethnographiques en Europe et ailleurs dans le monde entre 1850 et 1940.

Des ultramarins exhibés

Mon photo-reportage propose quelques images sur l’histoire des exhibés des Départements et Régions d’outre-mer, des Territoires d’outre-mer et des populations locales (par exemple les Bretons, les Alsaciens, les Irlandais) dans les expositions en France hexagonale et en Europe.

On y apprend qu’en 1882, des premiers Caraïbes sont exhibés. Ce sont des Kali’na de Guyane au Jardin d’Acclimatation de Paris, suivis en 1883 des Kali’na du Suriname à l’Exposition coloniale d’Amsterdam. En 1892, d’autres Kali’na et Lokono (ou Arawak) sont exhibés à Paris. Dès 1889, des pavillons guadeloupéen et martiniquais sont construits lors de l’Exposition universelle. Les Antillais reviennent en 1900 lors de l’Exposition universelle à Paris, en 1909 et 1922 à l’Exposition coloniale de Marseille, en 1927 à l’Exposition coloniale de la Rochelle, et enfin en 1931 à Vincennes.

« A l’issue de l’exposition de 1931, les Antilles et la Guadeloupe ne quittent plus les espaces de mises en scène coloniales, notamment à l’occasion du Tricentenaire des Antilles (1935), pour l’Exposition internationale de 1937 ou pour le Salon de la France d’outre-mer en 1940. Sur près d’un siècle, s’est ainsi construite une image spécifique de la Martinique et de la Guadeloupe à travers ces différentes expositions : sur-folklorisation des populations antillaises, présence quasi exclusive des femmes figurant en habit traditionnel, valorisation des Antillais par rapport aux Africains présentés comme « sauvages », tout comme les Kali’na de Guyane ou les Kanaks de Nouvelle-Calédonie » (texte extrait de Guadeloupéens et Martiniquais dans les Expositions en France).

Les photos, les affiches, les cartes postales vues dans le musée sont disponibles sur le Pinterest officiel du groupe de recherche Achac.

Des populations locales aussi exhibés

Lors du débat, après la projection de « Sauvages. Au cœur des zoos humains » du mardi 18 décembre 2018 au Mémorial ACTe, l’historien Pascal Blanchard raconte qu’un élève lui a demandé le matin pourquoi il y a des photos de Bretons dans l’exposition. « J’ai dû lui expliquer pourquoi on a exhibé des Bretons, des Alsaciens, des Irlandais. Dans sa tête, pour lui, le sauvage ne pouvait être que noir. Il m’a dit donc il y a des sauvages blancs. Je lui ai dit il n’y a pas de sauvage blanc. A un moment, on invente son sauvage. Et dans l’histoire de la République, les Bretons étaient les sauvages. Parce qu’ils n’étaient pas parfaitement dans le moule républicain tel que l’on attendait. Comme pour les Irlandais qui étaient des sauvages pour les Anglais. Je lui ai dit n’importe qui peut être le sauvage de n’importe qui. Puisque c’est une construction de l’imaginaire. En fait, c’est sa propre violence au fond de soi, qui fabrique le sauvage de l’autre. Je lui ai dis toi comme moi un jour, si tu avais le pouvoir, si tu décidais que tu devais me mettre dans un parc, tu me mettrais si tu voulais me dominer pour m’exploiter. C’est Lilian qui explique souvent aux enfants. N’oubliez pas une chose. Je vais faire du Thuram pendant deux secondes. C’est s’il y a eu des discours racistes, si on a tenu ce discours sur les noirs, c’est parce que quelques-uns quand ils exploitaient les champs de coton, ils gagnaient beaucoup d’argent en évitant de payer les gens qui ramassaient le coton. Il y a toujours une raison économique à la domination ».

St@y connected !

Salaura DIDON

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