Reportage

[Photo-reportage] Pour Jeanne-Louise Djanga, fondatrice de Le Marché International Africain, « cet événement culturel, spirituel et historique développe votre identité, permet de savoir qui vous êtes, d’où vous venez et surtout ce que vous valez »

La 17ème édition de Le Marché International Africain (Le MINA) s’est déroulé le samedi 27 et dimanche 28 janvier 2024 de 12h à 19h. Il y a eu environ 40 créatrices, créateurs et productrices, producteurs africain.e.s et afrodescendant.e.s pendant ces deux jours. K@ribbean Newsweek a interrogé Jeanne-Louise Djanga, fondatrice, organisatrice et promotrice de Le Marché International Africain, qui a fait un bilan positif et spirituel de cet événement sachant que c’est la culture d’un pays qui détermine l’identité de ce pays.

« Je me suis lancée depuis 2007 dans un marché africain qui est devenu aujourd’hui international et qui réunit tous les 54 pays d’Afrique, qui réunit tous les afrodescendants dans un même endroit. […] Je fais un bilan spirituel parce qu’avec ce marché, nous sommes en relation permanente avec les ancêtres en Afrique. Nous sommes en relation avec ces ancêtres là qui se sont battus pour acquérir notre liberté parce qu’il fut un temps, on ne faisait pas tous cela. On rend hommage à Rosa Parks. On rend hommage à Angela Davis. Nous rendons hommage à Sankara, à Moumié, Doula Manga Bell, Toussaint Louverture, Aimé Césaire. Nous leur rendons hommage à travers ce que nous faisons. Parce qu’il fut un temps où les noirs n’avaient pas la possibilité de s’asseoir comme cela et de parler, n’avaient pas la possibilité non plus de se réunir et de parler. Donc le bilan ne peut qu’être positif parce qu’aujourd’hui les noirs, les Africains, même s’il y a encore beaucoup à faire, même si nous sommes un peuple persécuté encore de part le monde puisqu’aujourd’hui en Afrique, on connait les problèmes, ne les fuyons pas, affrontons-les, on peut quand même dire qu’il y a une victoire psychologique, une victoire spirituelle, une victoire historique. Donc je ne perds jamais. Si on ne parle qu’en terme d’argent, ce n’est pas la peine de venir. Nous parlons ici de la spiritualité africaine, de l’engagement de l’Afrique, de la diaspora, dans un processus. C’est aujourd’hui mais c’est surtout demain. Et ce que nous faisons la aujourd’hui, l’histoire le retiendra. […] Dans l’année, je fais quatre événements. Le MINA c’est l’événement majeur qui regroupe tous les autres événements, il y a la littérature, les cosmétiques, il y a tout. C’est The place to be, l’événement pour bien commencer l’année en janvier. En avril, il y a le salon sur la parentalité africaine, salon maman bébé Afrique, Le Samba. Fin août, il y a le Marché du livre africain. Je vais lancer en septembre le Festival du cheveux crépus, après le salon de la géméllité. J’aime créer les concepts, les challenges ».

Retrouvez ci-dessous les photos de chaque stand pendant les deux jours.

Christian Kamtchueng est un professeur de mathématiques, entrepreneur et écrivain, qui a donné une conférence sur l’importance des mathématiques dans la construction de l’enfant, le samedi 27 janvier 2024.

« Pourquoi très tôt inculquer la base des mathématiques aux enfants ? Parce que les maths permettent d’aguiser l’esprit critique. Je vais détailler, mais en fait c’est assez simple. En gros, quand vous devez faire des choix ou prendre des décisions, vous devez avoir ce qu’on appelle les indicateurs pertinents qui vous permettent de prendre une décision. Malheureusement, la pertinence est associée à des mathématiques. Et si vous n’avez pas ces mathématiques, vous allez vous retrouver très vite à faire des choix qui ne sont pas forcément pertinents. Donc vous devez en fait très tôt habituer vos enfants finalement à réfléchir, surtout que la société aujourd’hui a tendance à les abrutir. Ce n’est pas de leur faute entre guillemets mais la pluspart du temps vos enfants sont passifs et ils reçoivent de l’information. Quand ils sont sur la tablette, ils reçoivent de l’information. […] Mais si je veux être pertinent, je vous dirai, j’aimerai plus que mes enfants passent leur temps à lire. La lecture vous transporte aux voyages et cultive votre imagination. Quand je regarde le film, je suis passif. [….] Il faut vraiment stimuler vos enfants. Et les maths, c’est vraiment très important dans tout ce qui est logique et tout ce qui algorithmique. […] Vous devez finalement même vous en tant que parents essayer de réapprendre ce que sont les maths, essayer d’avoir une relation affective avec les maths. Pour cela, j’ai crée des outils. J’ai créé deux livres pour l’apprentissage des mathématiques et un autre pour le côté ludique. Vous pouvez jouer en famille. J’ai créé aussi un jeu de cartes. Il faut que les maths rentrent dans votre quotidien et qu’il n’y ait plus de barrières. […] L’autre conseil que je donnerai aux parents, c’est au maximum dans vos interactions de tous les jours de pousser votre enfant à aller vers les maths. Les maths sont partout. […] Remettez au goût du jour les jeux de société, les jeux de carte, les échecs. [….] Il est très important pour notre jeunesse d’apprivoiser les maths et non la subir. Cette jeunesse, c’est le monde de demain ».

Ensuite le dimanche 28 janvier 2024, deux candidates ont participé au concours de dictée spécial littérature africaine sur un extrait de livre « Le temps du rêve » de Maître Germain Joseph Yamba.

Il y a eu d’autres conférences, des ateliers et des stands de streetfood africains. Le Marché International Africain a une page Facebook et une page Instagram.

Retrouvez aussi quelques photos sur l’Instagram de K@ribbean Newsweek.

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Salaura DIDON

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