Reportage

[Histoire du marronnage] Pour Konyah Tafarup de Kweasyon EK KILTI, « il faut se connaître soi-même »

K@ribbean Newsweek a rencontré Konyah Tafarup, fondatrice de Kweasyon EK KILTI, qui travaille sur le thème du marronnage, à l’occasion de la journée de commémoration marronne le samedi 10 décembre 2022 à la Bourse du Travail à Paris. C’était la célébration du 800ème anniversaire de la Charte du Manden (1222-2022), le serment des chasseurs à l’abolition de l’esclavage en Afrique. Cette manifestation est organisée par le Comité d’Organisation du 10 Mai (C-O10MAI) et ses partenaires. Konyah Tafarup a présenté ses créations issues de ses recherches sur le marronnage comme les cartes de jeu sur l’Histoire des Marrons, les posters Limyè ba yo sur les femmes marronnes et les hommes marrons dans les Amériques et les Caraibes, et le calendrier Gawoulé adan Lanmérik é Karayib de 28 pages en français, en haitien et en anglais, qui présente chaque mois pendant 12 mois, un résistant en fonction d’un territoire caribéen et d’Amérique, et leur filiation avec l’Afrique. Elle a aussi montré des cartes de jeu sur les Rimèd Razié (plantes médicinales). Regardez son interview qui dure 10 minutes.

« Quand on voit certaines origines de peuples africains arrivés dans les Caraibes, on comprend mieux notre héritage marron, on comprend mieux notre filiation à l’Afrique, on comprend mieux aussi notre filiation au peuple autochtone qui résidait et qui ont fait alliance avec les populations déportées africaines. Donc le message que j’ai à donner, c’est se connaître soi-même, la vérité rend libre et surtout ne jamais oublier d’où l’on est sorti. On n’est pas sorti que des cales des bateaux. On est sorti aussi des royaumes, on est sorti aussi des palais, on est sorti de la grande histoire de l’Afrique, de grands royaumes africains, avant toute cette colonisation, toute cette barbarie. Il faut se connaitre soi -même et ne jamais oublier nos ancêtres, le culte qu’on leur droit. D’où mon travail sur les Nèg Mawon », a expliqué Konyah Tafarup.

Vous pouvez retrouver Konyah Tafarup sur Facebook et Instagram. Konyah Tafarup réalise également des chroniques sur les marrons Ewitaj Mawon qui sont disponibles sur Youtube.

Lors de la journée de commémoration marronne et du 800ème anniversaire de la Charte du Manden, K@ribbean Newsweek en a profité pour découvrir les différents stands, assister à trois conférences, et à la présentation d’un art martial ancestral africain. Ces commémorations célèbrent des événements historiques mettant en lumière des femmes et des hommes, qui se sont illustrés pour la liberté et la défense de l’humanité, contre la traite, l’esclavage et l’exploitation.

Vidéo Facebook Live 1

Intervention du Dr Ali Moussa Iye, « Le Xeer Issa : un autre exemple de démocratie endogène africaine », chercheur, auteur et fondateur d’Afrospectives, une Initiative de l’Afrique Globale.

Intervention du Pr Fodé Moussa Sidibé en visio, « La Charte du Manden, un serment des donsow » (Donsow, Élève de Y. T. Cissé, enseignant-chercheur et auteur, membre fondateur des MIR-ECOWAS).

Présentation d’un art martial africain

Vidéo Facebook live 2

Présentation des stands

Intervention de Victor Bissengué, « S’abreuver à l’enseignement de Bès, le Pygmée divin » (Auteur, Militant engagé dans la défense des pygmées, Président de MIR-France).

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Salaura DIDON

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