Jour : 2 février 2019

Cinéma again. Sorry to bother you

Pointe-à-Pitre- Avec un titre pareil, on pourrait se demander de quoi parle ce film qui est à l’affiche au cinéma Rex ce samedi 2 février 2019. Ecrit et réalisé par le rappeur Africain-Américain Boots Riley, le spectateur découvre un univers de science-fiction.

Un film de science-fiction fantastique

Ce film nous plonge dans un monde imaginaire. C’est le moins qu’on puisse dire.

Au début, c’est l’histoire ordinaire de Cassius Green, alias Cash, un jeune homme noir qui recherche activement du travail. Il ne parvient plus à payer son loyer à son oncle qui a aussi des difficultés pour payer sa maison. Il a aménagé dans le garage avec sa petite amie.

Il arrive à être embauché comme opérateur téléphonique et fait du télémarketing. Le film montre qu’il a une imagination fertile, et on le voit toujours propulsé avec son bureau en train de discuter face à face avec ses clients.

Pour son travail, il bénéficie des conseils du doyen des salariés, joué par l’acteur Danny Glover. Il adopte une « voix de blanc » pour vendre. Ainsi, le client au téléphone croit qu’il s’adresse à un homme blanc, alors qu’il est noir en réalité. Grâce à cette technique, il connaît un vrai succès.

Un jour, un collègue asiatique le sollicite pour revendiquer de meilleures conditions de travail et une augmentation de salaire. Il accepte de faire grève avec ses collègues opérateurs téléphoniques.

Très vite, il change de camp et risque de passer pour un traître. Puisqu’il obtient rapidement une promotion et devient « un super vendeur ». Il a trouvé la solution pour se faire beaucoup d’argent et aider son oncle. Sa situation sociale s’améliore: superbe appartement, belle voiture, etc.

Mais, il est loin de s’imaginer que gravir les échelons et obtenir un très gros salaire présentent des risques pour sa vie. La société de télémarketing a des liens avec un riche patron d’une multinationale cocaïnomane et fou, qui mène des expériences scientifiques sur des êtres humains. Il découvre que des hommes sont transformés en mutants, des mi-hommes mi-chevaux afin de satisfaire la rentabilité économique, une plus grande capacité de travail.

Cassius constate qu’on se sert de lui pour devenir le leader de ces mutants et réaliser des objectifs inhumains. A partir de cet instant, il va chercher à dénoncer ces pratiques dans les médias et il retournera vers ses collègues et amis pour les aider dans leurs revendications.

Un film politique et satirique

Le rappeur Boots Riley, chanteur principal du groupe de hip-hop The Coup, s’est inspiré de sa propre expérience en tant que vendeur dans le télémarketing, pour produire Sorry to bother you, qui est d’abord le titre de son sixième album sorti en 2012. Les fonds récoltés lui ont permis de réaliser son premier long métrage qui porte le même nom.

Ce film aborde la réussite sociale à tout prix pour accéder au confort matériel. L’ascension sociale de Cassius a un goût amère. Il est victime des préjugés du riche PDG qui lui demande de raconter sa vie de gangsta et de faire du rap parce qu’il est noir.

Sorry to bother you montre la lutte syndicale grâce aux revendications des salariés de la société de télémarketing. Il dénonce le capitalisme, l’exploitation de l’homme par l’homme, l’esclavage moderne avec les expériences scientifiques entreprises pour créer des mutants pour le travail à la chaîne.

Malgré les dénonciations de ces pratiques par Cassius dans les émissions de télévision, la côte de popularité du riche patron de la multinationale monte en flèche et son entreprise est bien vue par la classe politique.

Il y a une référence à l’exploitation de l »Afrique et de l’esclavage des noirs en Amérique à travers le discours et les œuvres d’art de la petite amie de Cassius. Celle qui va rompre un moment avec lui comme il a trop changé après sa promotion, et qui entretient une relation amoureuse avec son collègue asiatique.

Ce film rappelle Get Out, dans lequel l’acteur principal Lakeith Stanfield (Cassius Green) a joué.

Bref, un film qui « fait flippé »! (=faire peur dans la langue guadeloupéenne).

Source image d’entête: affiche téléchargée sur le site Internet du Cinéma Rex

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Salaura DIDON